La montagne a accouché d’une souris

Par Arménag Bedrossian 

Attaqué sur sa gestion des négociations avec l’Azerbaïdjan, Nikol Pachinian avait promis de publier toutes les versions négociées avec le groupe de Minsk de l’OSCE. Chose faite mais partiellement car plusieurs textes ne figurent pas renforçant, en boomerang, les accusations contre la mauvaise gestion diplomatique de l’Arménie. 

C’est donc le 2 décembre 2025 que le site du gouvernement arménien a publié 13 documents, dont celui discuté à Kazan en 2011, mais surtout la dernière proposition des médiateurs présentée en 2019, ainsi qu’une lettre adressée en août 2016 par Serge Sarksian à Vladimir Poutine. Depuis plusieurs mois, pour ne pas dire depuis la fin de la guerre des 44 jours, le gouvernement de Nikol Pachinian est sous la pression de l’opposition qui l’accuse d’avoir sciemment saboté les négociations de paix menées jusqu’en 2019 sous l’égide des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE à savoir, la France, les Etats-Unis et la Russie. Une rupture des négociations par l’Arménie qui a amené à la désastreuse guerre des 44 jours, l’occupation de la moitié de l’Artsakh avant son nettoyage ethnique en 2023, après que Nikol Pachinian a reconnu au nom de l’Arménie que l’Artsakh faisait partie de l’Azerbaïdjan lors du Traité de Prague d’octobre 2022. 

A plusieurs reprises devant le Parlement ou les journalistes, Nikol Pachinian s’était défendu en indiquant que tous les documents du groupe de Minsk prouvaient que jamais l’indépendance de l’Artsakh n’avait été sur la table et que les négociations n’aboutissaient qu’à la perte de l’indépendance de l’Arménie. Une défense en forme d’accusations contre les anciens présidents Lévon Ter Petrossian, Robert Kotcharian et Serge Sarksian qui auraient menti au peuple sur le contenu des négociations. De fait, Nikol Pachinian avait promis depuis plusieurs années, de publier tous les textes des négociations avec l’OSCE, mais n’était pas encore passé à l’acte. Cette publication est donc censée répondre à ces questions, mais il faut le reconnaître la montagne a accouché d’une souris, car soit les textes avaient déjà été publiés et corroborent la version de l’opposition, soit il en manque, soit ils ne correspondent pas à un document officiel. 

“ Manipulation ” a immédiatement réagi Kéram Manoukian l’un des députés du groupe Hayastan et de la FRA Dachnaktsoutioun, qui dénonce une nouvelle tentative de Nikol Pachinian d’induire le public en erreur en publiant de manière sélective des documents qui présentent l’initiative comme un acte de transparence. “ Tous les documents indiquent clairement que l’Artsakh devait être arménien. Pourtant, en 2019, Nikol Pachinian a rejeté une proposition viable ” a dénoncé Kéram Manoukian. Pour Lévon Zurabian, vice-président du Congrès national arménien, le parti de Lévon Ter Pétrossian “ nos affirmations se sont avérées fondées : l’adoption du document publié en 2019 aurait instauré la paix, la levée du blocus et un Artsakh de facto indépendant. Il est nécessaire maintenant de publier la réponse officielle d’Erevan à cette proposition, qui ne figure pas dans les documents ”. Car effectivement aucune des positions de l’Arménie en référence aux différents documents n’a été publiée. 
Un plan de paix plutôt favorable à l’Artsakh 
Ce que l’on retient du document de 2019 publié pour la première fois, c’est la confirmation de là où en étaient les négociations avant le rejet de Nikol Pachinian : une solution globale, prévoyant la restitution de 5 régions situées à l’est de l’Artsakh avec le maintien de 2 régions reliant l’Arménie au Haut-Karabagh au nord par le Guérarkounik et au sud par le Siounik, avec des observateurs de l’OSCE déployés pour garantir l’accord. Le statut juridique final du Haut-Karabagh devait être déterminé dans un délai convenu entre les parties, par le biais d’un référendum national organisé sous l’égide de l’ONU ou de l’OSCE. Ce référendum devait exprimer la volonté de la population du Haut-Karabagh et avoir une valeur juridique contraignante, conformément aux normes et principes du droit international.

C’est ce plan de paix là, qui a été rejeté par Nikol Pachinian comme le prouvent les documents publiés, et ce qu’avaient déjà indiqué les 3 pays coprésidents du Groupe de Minsk en désavouant le Premier ministre arménien qui affirmait le contraire. Un plan de paix qui à l’époque pouvait convenir à Ilham Aliev qui négociait sur la durée au bout de laquelle le référendum d’autodétermination serait réalisé et sur le statut transitoire, refusant que l’on considère l’Artsakh comme indépendant durant la période transitoire.
Autre bizarrerie, l’absence dans les documents publiés des accords de Key West de 2001. A la place, un article de presse de Haygagan Jamanak dont le rédacteur en chef était Nikol Pachinian, qui critique l’accord de Key West. Pas vraiment un texte officiel ! Cette non-publication suscite d’autant plus de doutes, que Nikol Pachinian avait accusé Robert Kotcharian d’avoir voulu, à Key West, échanger la frontière arménienne et Meghri contre l’Artsakh. De fait, le document non publié devait trancher cette question puisque selon Robert Kotcharian, il ne contient aucune mention à Meghri ou à la frontière iranienne. Pour le gouvernement, ce texte a été perdu. Une version qui ne tient pas la route, car l’OSCE aurait pu le fournir à l’Arménie et son remplacement par un article de presse l’interprétant est tout, sauf sérieux. 
Dans une note explicative publiée le lendemain, toujours sur le site du gouvernement, deux éléments sont maladroitement avancés pour essayer de soutenir la position du Premier ministre. Premièrement, que le référendum d’autodétermination aurait concerné toute la population de l’Azerbaïdjan et non juste les Arméniens d’Artsakh, ce qui n’apparaît dans aucun des documents publiés. Deuxièmement, que le droit à l’autodétermination devait se comprendre comme une autonomie politique mais pas une indépendance, ce que là encore aucun des textes publiés ne laissent supposer puisqu’ils disent explicitement que “ la volonté de la population du Haut-Karabagh sera pleinement respectée ” ce qui inclut l’indépendance totale si celle-ci est demandée, ce qui était le cas.  
Attaqué encore une fois sur ce sujet devant le Parlement, Nikol Pachinian, sans fournir le moindre élément probant, a affirmé que le processus de négociations sur l’Artsakh était un “ piège pour l’Arménie mais aussi pour l’Azerbaïdjan ”. Formulant une sorte de théorie du complot, il a déclaré que “ le processus de négociations mené pendant près de 30 ans sur le Karabagh n’a jamais porté sur la résolution de la question du Karabagh, jamais, pas une seule seconde, à aucun moment ” a-t-il martelé, mais en fait “ il s’agissait pour la Russie, les Etats-Unis et la France de maintenir l’Arménie mais aussi l’Azerbaïdjan dans un piège. L’objectif était de faire en sorte que la République d’Arménie n’ait aucune chance d’être un État indépendant ” indique le Premier ministre. 
 Pachinian a sacrifié l’Artsakh
Une déclaration en totale contradiction avec les documents publiés où rien de tout cela ne transparaît, ni même en fournissant des arguments factuels. Il faut juste le croire sur parole. “ L’Arménie est désormais sortie de ce piège géopolitique ” a conclu Nikol Pachinian faisant référence à la paix établie à Washington (août 2025) et à Prague (octobre 2022), alors même que cette paix place l’Arménie sous la coupe des Etats-Unis, de l’Europe mais aussi de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. C’est à cette aune qu’il faut juger les choix calamiteux du Premier ministre arménien qui, et c’est désormais prouvé par ces documents, a fait le choix de sacrifier l’Artsakh et de rendre l’Arménie dépendante de ses pires ennemis, en se basant sur une théorie du complot fumeuse que rien ne vient corroborer. De cela aussi, il devra rendre des comptes démocratiquement lors des prochaines élections. 

par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
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Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
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Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
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Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
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Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.