Une nouvelle ère pour le Homenetmen France

Par Aren Zarehdjian

L’attente a été longue, mais le résultat en valait la peine. Le 22 novembre 2025 restera comme une date historique pour le Homenetmen France : celle de l’inauguration de son nouveau centre culturel et sportif à Issy-les-Moulineaux, après plusieurs décennies et sept longues années de travail acharné. L’association dévoile enfin à ses membres son propre complexe 
de 3 000 m2, véritable symbole d’un rêve devenu réalité.

Cette inauguration, unique en Europe, a rassemblé plus de 800 personnes, un chiffre impressionnant quand on sait que les gradins du gymnase n’en accueillent que 300, un dispositif énorme. Une affluence qui en dit long sur l’enthousiasme entourant cet événement, marquant un nouveau chapitre pour le Homenetmen France. Dès leur arrivée, les invités étaient plongés dans l’histoire de l’association grâce à une exposition de photos retraçant son évolution, de sa création (section de Paris) à aujourd’hui. Un parcours visuel qui rappelait que le Homenetmen n’est pas qu’une simple association : c’est une institution dont l’héritage s’est construit au fil de plusieurs décennies. L’importance de cette journée était également marquée par la présence de nombreuses personnalités, notamment Hagop Khatcherian, président du Bureau mondial du Homenetmen et Hussam Hariri, fils de Saad Hariri, qui témoignent de la portée internationale et symbolique de cette inauguration. 

Pour cet événement exceptionnel, dix tableaux retraçaient l’histoire arménienne et celle du Homenetmen de 1915 à nos jours. Au programme, discours, représentations artistiques et défilé des scouts. Ermonia, talent révélé dans la saison 5 de The Voice Kids, a interprété « La Bohème », de Charles Aznavour, un titre personnel : “ C’est la chanson que j’ai interprétée lors de la finale de The Voice Kids, avant de poursuivre : “ Elle m’a accompagnée durant mon enfance et elle m’accompagne encore aujourd’hui ”. Essaï Altounian, un pur produit du Homenetmen, n’aurait manqué pour rien cette cérémonie : “ Le Homenetmen fait partie de mon identité, de ma construction personnelle et morale. Etre présent, c’était rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont porté cette vision pendant des décennies ”. 

 1918 : création du Homenetmen 

Au début du XXe siècle, une nouvelle génération d’intellectuels arméniens aspire à structurer l’éducation et le sport au sein de la communauté. Inspirés par le mouvement scout européen, ils souhaitent l’adapter aux jeunes Arméniens et s’appuient sur Marmnamarz (éducation physique), la première revue sportive arménienne créée par Shavarsh Krissian qui marque un tournant décisif. Certaines figures, dont Hovhannès Hintlian, Krikor Hagopian et Vahan Cheraz posent les bases d’une organisation mêlant sport, culture et scoutisme. 
En 1918, l’organisation se structure sous le nom de Homenetmen “ Hay marmnagrtagan enthanour mioutioun ” et voit la création de sa première section à Constantinople, autour de la devise devenue emblématique : “ Élève-toi et élève les autres ”. Le mouvement se développe rapidement avec aujourd’hui plus de cent sections à travers le monde, dans plus de 25 pays, regroupant 25 000 membres. 

Les étapes fondatrices en France 

1977 marque la création de la section parisienne par Souren Mouradian, entouré d’anciens membres et de jeunes passionnés. Le but : former des citoyens responsables et fiers de leurs racines à travers des programmes diversifiés. Le scoutisme devient la première activité structurée et démarre aussitôt. 
En 1980, le 2e jamboree international est organisé à Clamart, sous l’égide du Comité mondial. Lors de cette même année, deux équipes sont formées et engagées dans les championnats départementaux : une en basketball, une deuxième en football. 9 ans plus tard, un voyage historique en Arménie est organisé pour un camp scout à Dilidjan, marquant le premier déploiement des drapeaux arménien et Homenetmen sur la terre patrie. L’association s’étend ensuite dans les grandes villes où la Diaspora est implantée : Lyon, Marseille, Valence et Nice, avec à chaque fois la création d’équipes sportives et de groupes scouts. En France, on compte pas moins de 850 membres Homenetmen. 
L’année 2025 marque un tournant avec l’inauguration, à Issy-les-Moulineaux, du premier centre Homenetmen d’Europe, une infrastructure communautaire moderne, symbole de transmission, de pérennité et d’avenir pour la jeunesse arménienne. 
  • Un complexe unique en Europe

    l'équipe de Basket sénior prend la pause

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  • Un complexe unique en Europe

    Hratch Sisserian coupe le ruban 

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    Eleve toi et élève les autres, la devise du Homenetmen 

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    Jeunes scouts lors de l'inauguration

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    Le logo du Homenetmen au centre du gymnase

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  • Un complexe unique en Europe

    Facade extérieure du complexe du Homenetmen France 

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Le complexe et sa triple vocation 


L’ouverture du nouveau centre du Homenetmen marque l’arrivée de disciplines inédites qui viennent enrichir la palette des pratiques sportives proposées. En effet, ayant déjà une équipe de basketball et de football masculin, l’association souhaite miser sur la diversité pour répondre à la forte demande. Tels le badminton, le basketball avec une section féminine et junior, la danse avec des cours de salsa, le futsal (foot en salle), le kung fu, le MMA (arts martiaux mixtes), le taï chi / chi gong, le pilate, le tennis de table dans une salle dédiée, le volleyball ou encore le yoga. Dans l’objectif de transmettre la culture arménienne, le Homenetmen propose là aussi de nouvelles activités : des cours de langue et de cuisine arméniennes, des cours d’échecs mais aussi des activités musicales avec des cours de dehol et de kamantcha, instruments traditionnels arméniens. De plus, des conférences et des expositions seront ouvertes au grand public.  

Le scoutisme occupant une place centrale, l’association, a décidé depuis peu d’ouvrir un nouveau groupe, "les mowgli" pour les jeunes de 4 à 6 ans. Le tout en maintenant les trois autres groupes déjà en place : les "Kayligs / Ardzevigs" pour les enfants de 7 à 11 ans, le groupe des "Aris / Arenoush" pour les jeunes de 12 à 16 ans et pour les plus grands, le groupe des "Yerets / Barmanouhis" allant de 17 à 35 ans. Ces trois groupes sont supervisés par Gassia Nigoghossian, responsable de tous. 

Le nouveau centre culturel et sportif du Homenetmen s’impose comme une infrastructure moderne et ambitieuse, fruit de longues années de travail comme le souligne André Dadayan, président du Comité exécutif du Homenetmen France : “ C’est le fruit de près de 50 ans de rêves, de projets et de travail ”. Un travail porté par ses 300 membres (un nombre qui est en constante augmentation depuis septembre 2025), devenus au fil du temps de véritables bénévoles, mobilisés à chaque étape du projet dès que le besoin s’est fait sentir. Pour rappel, l’association ne compte aujourd’hui qu’un seul salarié pour faire vivre ce complexe : son directeur, Harmik Ohanians.

Le lieu a été conçu comme un espace de formation et de transmission : des salles spécialement aménagées pour les activités scouts, des bureaux administratifs flambant neuf, ainsi que plusieurs salles de classe, faisant de ce centre un véritable pôle éducatif et associatif. Au cœur du bâtiment, un vaste gymnase de 1 200m², équipé de gradins pouvant accueillir jusqu’à 300 spectateurs. Le centre abrite également un restaurant intégré (qui ouvrira sûrement ce mois de janvier), un véritable espace de convivialité permettant à la communauté de se retrouver autour d’un repas. Une salle polyvalente de 400m², pouvant accueillir jusqu’à 380 personnes, offrant un cadre idéal pour des événements privés, professionnels ou culturels. Un parking souterrain de 60 places vient faciliter l’accès au site. 

Pour assurer la pérennité financière du centre, le Homenetmen a déjà mis en place un modèle économique clair : louer son gymnase en journée, ses salles de classes et sa salle polyvalente, ce qui permettra de générer des revenus. A cela s’ajoutent les cotisations et les participations des adhérents qui contribueront à renflouer les caisses. L’association prévoit également de faire une demande auprès de la ville d’Issy-les-Moulineaux pour obtenir d’éventuelles subventions. 

Disposer de son propre site permet de centraliser toutes les activités proposées pour ne former qu’un seul et unique ensemble, afin d’offrir un espace moderne et sécurisé, dans le but de renforcer la transmission de la culture arménienne en dynamisant la vie associative locale, ce que souhaite André Dadayan : “ On a envie que ce centre devienne le cœur de la communauté arménienne, que ce soit avec des événements ou bien de par la culture et les traditions arméniennes ”. 


Pour toutes questions sur la location de salle ou pour tout autre renseignement, contacter l’association sur leur site 

https://www.homenetmen.fr/le-centre/, 

par courriel à france@homenetmen.org ou bien sur leur compte 

instagram @homenetmenFrance.


par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
par ANNIE ARSLAN 10 juillet 2026
Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
par Dominique Goubatian 5 juillet 2026
En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
par KHAJAG SASSOUNTSI 4 juillet 2026
La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
par DOMINIQUE GOUBATIAN 3 juillet 2026
Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
par NATACHA ZORTIAN 1 juillet 2026
Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.