La directrice du Musée du Génocide poussée à la démission par Pachinian

Par Harout MARDIROSSIAN

 Pour avoir offert à JD Vance un livre sur l’Artsakh et lui avoir parlé des pogroms anti-arméniens, la directrice du Musée du Génocide d’Erévan, Edita Gzoyan, a été poussée à la démission le 7 mars. Le président du Conseil d’administration du musée, l’historien Raymond Kévorkian, a aussi démissionné et a été immédiatement remplacé. Retour sur un scandale d’État qui en dit long sur les concessions que Nikol Pachinian est prêt à faire pour ne pas déplaire à l’Azerbaïdjan et à la Turquie.

C’est une démission qui n’est en fait qu’un renvoi à la demande directe de Nikol Pachinian. Et c’est bien une démission qui est liée à la visite effectuée par le vice-président américain JD Vance et sa femme Usha au Mémorial et au Musée du Génocide le 10 février dernier.
Premièrement, il est reproché à la directrice d’avoir rendu publique cette visite provoquant la fureur de la Turquie en publiant un post sur Facebook. Un post et des photos repris ensuite sur la page du Vice-Président avant que la Maison Blanche ne l’efface et le remplace par un message où ni le mot « Génocide » ni le mot « Turquie » n’apparaît. La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, indiquant qu’il s’agissait là de l’erreur d’un communicant qui ne faisait pas partie du voyage. Nikol Pachinian reproche au Musée et à sa directrice de ne pas avoir attendu qu’elle ait reçu le feu vert du gouvernement pour communiquer sur cette visite prestigieuse. Car pour Nikol Pachinian, cette séquence a mis mal à l’aise les États-Unis et la Turquie à l’égard de l’Arménie et il ne souhaite faire aucune vague à leur égard dans son repositionnement géopolitique pro occidental, quitte à mettre sous le tapis la reconnaissance et la réparation du Génocide des Arméniens. Chacun appréciera ! 

Deuxième reproche. Après avoir déposé des fleurs près de la flamme éternelle dédiée aux victimes du Génocide de 1915, la directrice Edita Gzoyan, a accompagné JD Vance et sa femme, à leur demande, vers d’autres parties du musée, notamment vers les khatchkars, les pierres à croix érigées à la mémoire des Arméniens tués lors des pogroms en Azerbaïdjan qui ont suivi le déclenchement du conflit du Haut-Karabagh. On sait Vance et sa femme très chrétiens et leur intérêt pour ces khatchkars pouvait être naturel. Dans le post publié par le Musée du Génocide à l’issue de la visite, Gzoyan a souligné “ le lien entre les événements de l’Artsakh et le Génocide arménien ”. Elle a, en outre, offert à JD Vance et à sa femme “ des livres sur le Génocide arménien et la question de l’Artsakh ”.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui ne veut plus entendre parler de la question de l’Artsakh sous quelque forme que ce soit, a, en février, fait part de son fort mécontentement quant à l’organisation de la visite de Vance au Mémorial lorsqu’il s’est exprimé lors d’une séance de questions-réponses au Parlement arménien. On pensait que cela en resterait là. Voilà où en est ce gouvernement prêt à nier lui-même l’histoire de l’Artsakh pour ne pas déranger l’Azerbaïdjan et son complice turc dans ce nettoyage ethnique qui n’est que la suite du Génocide arménien de 1915.

De fait, la coupe était pleine et le gouvernement arménien a ordonné à Edita Gzoyan de démissionner ou sinon elle serait renvoyée en raison des informations qu’elle aurait communiquées à JD Vance qui vont à l’encontre de la politique du gouvernement. Un point qu’a assumé Nikol Pachinian lors d’une conférence de presse le 12 mars. “ Lorsque le Premier ministre affirme qu’il n’existe aucun mouvement Karabagh, offrir un livre sur cette question à un invité étranger est incompréhensible et provocateur. J’ai considéré cela comme un acte de provocation, contraire à la politique du gouvernement, et je lui ai demandé de présenter sa démission. La politique étrangère relève exclusivement du gouvernement, et tout responsable public contredisant cette ligne sera démis de ses fonctions ” a conclu le Premier ministre arménien. 

Une déclaration qui fait fi de la recherche historique et de l’éducation, rôle du Musée du Génocide. Parler de l’Artsakh comme continuation du Génocide de 1915, ainsi que l’affirme par exemple l’historien Vincent Duclert, n’est pas lié à la politique étrangère de l’Arménie. Le nettoyage ethnique de l’Artsakh n’est pas lié à la politique étrangère de l’Arménie. C’est un fait historique et démettre un agent de l’Etat pour cette raison, ce n’est que le démettre pour avoir refusé de pratiquer un négationnisme d’Etat qui est donc devenu avec Nikol Pachinian la doctrine de son gouvernement. La suppression de la déclaration d’indépendance du projet de réforme de la constitution annoncé le 12 mars vient prolonger cette politique négationniste en alignant l’Arménie sur les exigences du tandem panturc. 

Depuis sa démission, Edita Gzoyan se refuse à tout commentaire. Le président du Conseil d’administration du Musée, l’historien Raymond Kévorkian, et plusieurs autres membres du Conseil ont présenté leur démission par solidarité, démissions immédiatement acceptées par Pachinian qui a procédé dans la foulée à leurs remplacements en moins de 24h. Contacté, Raymond Kévorkian nous a indiqué que “ sa démission était un message clair qui ne mérite pas de commentaire ” confirmant toutes les informations parues dans la presse.
De même, les 74 employés du Musée ont tous signé une lettre commune de protestation auprès de Nikol Pachinian pour s’opposer à son départ. “ C’est la première fois dans l’histoire de notre musée que tous les employés, sans exception, ont fait appel à une autorité supérieure pour protester contre le renvoi de leur directrice ”, a déclaré Mihran Minasian, conseiller du directeur de l’AGMI (Armenian Genocide Museum Institute). “ Nous nous attendions au contraire à ce que notre directrice soit récompensée pour son excellent travail ”, a déclaré Suren Manukian, qui dirige l’une des divisions d’AGMI.

Officiellement, Gzoyan a reçu l’ordre de démissionner par la ministre de l’Éducation Janna Andréassian, pour avoir omis d’assurer un suivi adéquat de la rénovation controversée du Mémorial du Génocide, entamée l’été dernier, et qui aurait dû s’achever avant le 24 Avril prochain mais qui prend un retard colossal. On craint d’ailleurs que les travaux qui ont débuté juste après le 24 Avril 2025 ne soient pas achevés comme prévu dans un mois pour ce 24 Avril 2026. Pire ! Pour le syndicat des architectes d’Arménie, les travaux réalisés ont été faits en dépit du bon sens par des ouvriers non qualifiés et ont fragilisé la structure. A se demander si, comme le pense l’opposition parlementaire, tout cela n’est pas un prétexte pour annoncer le démontage du Mémorial et sa fermeture pour des raisons fallacieuses de sécurité alors qu’il s’agit plus prosaïquement de ne plus organiser de visites sur ce site pour des invités étrangers : soit autant de reconnaissances du Génocide et autant de pierres lancées à l’adresse de la Turquie. Quant à l’argument justifiant le renvoi d’Edita Gzoyan avancé par la ministre, il est devenu caduc du fait des déclarations du Premier ministre Pachinian démontrant à quel point le pouvoir est capable de mentir sur un point comme celui-ci. 
Scandaleux, vraiment scandaleux, mais tellement à l’image de ce qu’accomplit ce gouvernement contre tout ce qui constitue la Cause arménienne, socle de la nation arménienne.  

Officiellement, Gzoyan a reçu l’ordre de démissionner par la ministre de l’Éducation Janna Andréassian, pour avoir omis d’assurer un suivi adéquat de la rénovation controversée du Mémorial du Génocide, entamée l’été dernier, et qui aurait dû s’achever avant le 24 Avril prochain mais qui prend un retard colossal. On craint d’ailleurs que les travaux qui ont débuté juste après le 24 Avril 2025 ne soient pas achevés comme prévu dans un mois pour ce 24 Avril 2026. Pire ! Pour le syndicat des architectes d’Arménie, les travaux réalisés ont été faits en dépit du bon sens par des ouvriers non qualifiés et ont fragilisé la structure. A se demander si, comme le pense l’opposition parlementaire, tout cela n’est pas un prétexte pour annoncer le démontage du Mémorial et sa fermeture pour des raisons fallacieuses de sécurité alors qu’il s’agit plus prosaïquement de ne plus organiser de visites sur ce site pour des invités étrangers : soit autant de reconnaissances du Génocide et autant de pierres lancées à l’adresse de la Turquie. Quant à l’argument justifiant le renvoi d’Edita Gzoyan avancé par la ministre, il est devenu caduc du fait des déclarations du Premier ministre Pachinian démontrant à quel point le pouvoir est capable de mentir sur un point comme celui-ci. 

Scandaleux, vraiment scandaleux, mais tellement à l’image de ce qu’accomplit ce gouvernement contre tout ce qui constitue la Cause arménienne, socle de la nation arménienne. 


par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
par ANNIE ARSLAN 10 juillet 2026
Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
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En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
par KHAJAG SASSOUNTSI 4 juillet 2026
La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
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Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
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Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
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Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.