Kotcharian, Karapétian et Tsaroukian, les cibles du pouvoir

Par Varoujan MARDIKIAN

La question des alliances au sein de l’opposition va peser lourd dans le processus électoral. 

Notre objectif pour les prochaines élections législatives est d’atteindre la barre des 65 % ” : en visite le 7 mars à Gumri, Nikol Pachinian a fixé le cap pour son parti, le Contrat civil (CC). “ Nous avons accompli une révolution politique intérieure avec les élections de 2018 ; lors des élections de 2021, le peuple nous a conduits vers une révolution socio-psychologique et de la pensée ; et lors des élections du 7 juin 2026, nous réaliserons une révolution historico-politique qui sortira le peuple arménien du cycle de la politique de survie et l’engagera sur la voie du développement ”, a-t-il ajouté dans un survol de ses huit années de pouvoir.
Dans un pays confronté à des enjeux qui le placent à la croisée des chemins, les autorités ont clairement défini leurs cibles prioritaires. Le 13 février, Nikol Pachinian a martelé que les élections du 7 juin “ [chasseraient] définitivement de la scène politique tous les anciens dirigeants et oligarques ”. Le 24 février, Rouben Roubinian, vice-président de l’Assemblée nationale et émissaire d’Erévan pour la normalisation des relations arméno-turques, a appelé le peuple à ne donner “ aucune voix à Robert Kotcharian et aux deux oligarques [Samvel Karapétian et Gaguik Tsaroukian] ”, qui menacent de “ piétiner [les] acquis ” obtenus au prix “ d’innombrables sacrifices consentis pour instaurer la justice et la paix dans [le] pays ”.
Ces propos systématiquement orientés dans la même direction ont alimenté les craintes de l’opposition, qui se demande si le pouvoir ne va pas recourir à un coup « tordu » pour empêcher certaines forces de se présenter aux élections. Iveta Tonoyan, porte-parole de Gaguik Tsaroukian, a bien résumé cet état d’esprit à travers un trait d’ironie : “ Je conseille au Contrat civil de publier dès maintenant une liste de ceux qu’il n’autorisera pas à participer aux législatives. ”

 Robert Kotcharian, l’atout de l’expérience
L’opposition, quant à elle, fourbit ses armes dans ce climat délétère. L’ancien président Robert Kotcharian (1998-2008) a été officiellement désigné le 16 mars tête de liste de l’alliance Hayastan aux législatives et candidat au poste de Premier ministre. “ Notre objectif est la victoire ”, a-t-il déclaré (1), convaincu que “ le gouvernement actuel, qui incarne le mal, sera vaincu ”. L’équipe de Robert Kotcharian a opté pour le slogan de campagne « Ensemble, nous pouvons ».
Dans un podcast YouTube diffusé le 7 mars, il avait clairement affiché ses intentions, en envoyant aux électeurs un message centré sur la notion d’expérience : “ Nous devons désormais nous positionner comme une force politique dirigée par quelqu’un qui a déjà fait ses preuves à deux reprises, qui a obtenu des succès significatifs en situation de crise et qui peut le refaire une troisième fois. ”
Robert Kotcharian devra néanmoins composer avec la montée en puissance de Samvel Karapétian. Les sondages indiquent que le parti Arménie forte (AF) a détrôné Hayastan comme force politique d’opposition la plus populaire du pays. Robert Kotcharian a d’ailleurs reconnu que son alliance avait perdu une partie de ses soutiens depuis 2021, tout en affirmant que le Premier ministre avait vu lui aussi sa cote de popularité s’éroder dans le même temps, ouvrant la voie à l’émergence de nouvelles figures de proue au sein de l’opposition. L’allusion à Samvel Karapétian est claire ; cependant, l’ancien chef de l’Etat se dit plus qualifié pour diriger le pays que “ ceux qui ont cette ambition mais pas encore l’expérience nécessaire et qui n’ont pas encore fait leurs preuves sur le terrain ”.
Du côté de Samvel Karapétian, on ne l’entend pas de cette oreille. Narek Karapétian, qui est le neveu du magnat russo-arménien et le coordonnateur des activités d’AF, émanation du mouvement Mer Dzevov (A notre manière) créé en août dernier (2), a rappelé le 24 février qu’AF visait une victoire écrasante aux législatives. “ Je pense que la priorité pour l’Arménie est de changer le dirigeant actuel du pays, et nos actions sont entièrement tournées vers l’objectif d’obtenir le soutien de la société. ”
Selon la Constitution arménienne, Samvel Karapétian ne pourrait toutefois pas devenir Premier ministre, en cas de victoire de son parti aux élections, en raison de sa double nationalité russe et arménienne. Néanmoins, AF avait indiqué début février qu’il tenterait de lever cet obstacle constitutionnel s’il remportait les législatives.

 Lévon Ter Pétrossian choisit Samvel Karapétian

Dans ce contexte de pré-campagne électorale, Samvel Karapétian a reçu le soutien de Lévon Ter Pétrossian, le premier président de l’Arménie indépendante (1991-1998), aujourd’hui à la tête du Congrès national arménien (CNA, opposition). “ Samvel Karapétian est capable de rassembler autour de lui un gouvernement solide composé d’économistes et de technocrates professionnels, dont la mission principale sera de renforcer le pays et d’améliorer le sort de la population, a-t-il posté le 2 mars sur Facebook. On peut affirmer avec certitude qu’en cas de victoire, il ne reniera pas les accords signés entre l’Arménie et d’autres Etats mais renforcera les engagements de l’Arménie à leur égard. ”

Lévon Ter Pétrossian a égratigné au passage “ les maîtres occidentaux de Pachinian ”, qui “ verront dans la victoire de Samvel Karapétian un rétablissement de l’influence russe en Arménie, ce qui ne fait absolument pas partie de leurs plans à long terme ”. Et de conclure : “ Par conséquent, ils feront tout pour contrecarrer de tels développements, ignorant le fait que le droit exclusif de choisir un gouvernement appartient au peuple. ”  

Le leader du CNA a affirmé enfin que la victoire d’AF le 7 juin prochain mettrait un terme à la campagne “ anticonstitutionnelle ” menée par Nikol Pachinian contre l’Eglise apostolique arménienne. Lévon Ter Pétrossian a dénoncé à plusieurs reprises les tentatives de Nikol Pachinian de destituer le catholicos Karékine II.


Ce soutien affiché par l’ancien chef de l’Etat à Samvel Karapétian pose en toile de fond la question des alliances électorales. Estimant que le fondateur de Mer Dzevov est “ le seul à pouvoir unifier l’opposition fragmentée ”, le leader du CNA a souligné que “ l’unification de l’opposition n’est pas une question politique, mais simplement une question de survie pour la nation ”.

Lévon Zourabian, le vice-président du CNA, avait fait part fin décembre 2025 de la volonté de son parti de nouer une alliance avec Samvel Karapétian. Mais Narek Karapétian avait déclaré en retour qu’aucun ancien président ne devrait gouverner à nouveau le pays. Lévon Zourabian avait alors rétorqué que cette déclaration “ ne [concernait] pas le CNA ”, car Lévon Ter Pétrossian ne serait pas sa tête de liste aux élections. Le 14 mars, lors du congrès du CNA, Lévon Zourabian a déclaré que son parti était prêt à “ entamer un processus de consolidation avec Arménie forte et d’autres forces d’opposition ”.


 Gaguik Tsaroukian visé par la justice


La troisième figure de l’opposition ciblée par le pouvoir est Gaguik Tsaroukian, le leader d’Arménie prospère (AP). Le 19 février, les forces de l’ordre ont perquisitionné sa propriété d’Arindj, non loin d’Erévan, dans le cadre d’une affaire pénale ouverte en 2020 à l’encontre d’un ancien responsable de la commune.

Le leader d’AP est déjà en procès pour des accusations d’achat de votes portées contre lui en 2020, après qu’il avait réclamé la démission de Nikol Pachinian, ce qui lui avait valu un mois de prison. AP, qui constituait le deuxième groupe le plus important du Parlement issu des élections de décembre 2018, avec 26 députés sur 132 (contre 88 pour l’alliance Mon Pas de Nikol Pachinian), s’était retrouvé sans aucun siège lors des législatives de juin 2021. S’ensuivit une traversée du désert, à laquelle Gaguik Tsaroukian mit fin en octobre 2025, en annonçant sa candidature aux élections de juin 2026.

En décembre dernier, de surcroît, le parquet a déposé une nouvelle plainte pénale contre Gaguik Tsaroukian, qui se voit reprocher d’avoir vendu pour 27 millions de dollars (23,5 millions d’euros) son usine d’embouteillage en Bulgarie, en violation d’une décision de justice ordonnant le gel de ses avoirs, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars.

Ce regain d’intérêt de la justice à son endroit n’a pas perturbé outre mesure le leader d’AP. Au lendemain de la perquisition menée dans sa villa d’Arindj, il a souligné que de nombreux citoyens réservaient un accueil favorable à son programme préélectoral intitulé « Proposition à l’Arménie ». “ Je vais effectuer une tournée dans nos villes et villages. Je me rendrai dans toutes les localités où les gens souhaitent me rencontrer pour que nous discutions de questions complexes, en nous regardant droit dans les yeux ”, avait-il déclaré. 


Le 11 mars, Gaguik Tsaroukian a été acquitté des accusations d’achats de votes portées en 2020. L’un de ses avocats, Yerem Sargsian, s’est dit “ agréablement surpris ” par cette décision de justice (3), tout en soulignant l’incapacité du parquet à fournir la moindre preuve à l’appui des accusations.


 “ Unir l’opposition, une tâche difficile ”


Si le trio Kotcharian-Karapétian-Tsaroukian occupe l’espace politique au sein de l’opposition, rien n’indique pour autant, à ce stade, qu’une alliance susceptible de regrouper les trois serait en gestation. Or chacun sait qu’une fragmentation de l’opposition profitera inévitablement au parti au pouvoir. C’est cette préoccupation que l’ancien président Serge Sarkissian (2008-2018) a exprimée, le 3 février, dans un constat d’impuissance : “ Les événements montrent qu’unir l’opposition est une tâche difficile, et il n’est pas question de participer aux élections sur une seule liste. ”

Si cette prise de position traduit l’indécision de Serge Sarkissian quant à la participation aux législatives de son Parti républicain, qui ne compte plus parmi les formations les plus en vue sur la scène politique arménienne, elle reflète également les difficultés de l’opposition à rapprocher différents leaders et courants de pensée au sein d’une alliance électorale capable de rassembler les électeurs.

Un défi majeur à relever, dans les semaines à venir, pour l’opposition, afin de donner corps à une perspective crédible d’alternance, alors qu’aucune équipe dirigeante, en 35 ans d’histoire de l’Arménie indépendante, n’a perdu le pouvoir par les urnes. 



(1) Lors des élections de juin 2021, le bloc Hayastan était arrivé en deuxième position, derrière le Contrat civil de Nikol Pachinian, avec 21 % des suffrages.

(2) Lequel revendique aujourd’hui 30 000 membres.

(3) Sédrak Aroustamian, un des collaborateurs de longue date de Gaguik Tsaroukian, a néanmoins été reconnu coupable d’achat de votes.

par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
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Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
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En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
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La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
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Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
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Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
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Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
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Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.