Des augmentations qui font polémique

Par Varoujan MARDIKIAN

Un certain nombre de revalorisations de diverses natures, décidées dans un climat préélectoral tendu, soulèvent la question de leur timing.

A trois mois et demi des élections législatives, le Premier ministre Nikol Pachinian a annoncé le 25 février une hausse des pensions de retraite, qui entrera en vigueur le 1er avril. “ Les pensions relativement faibles augmenteront de 10 000 drams (22 euros) et les pensions relativement élevées augmenteront d’un montant inférieur ”, a-t-il indiqué. Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Arsen Torossian, a précisé que la hausse de 10 000 drams s’appliquera aux pensions “ de base ”, d’un montant de 24 000 drams (54 euros) par mois à ce jour. La pension moyenne s’élève actuellement à 49 000 drams (110 euros) mensuels.
Le gouvernement avait déjà augmenté les pensions de retraite en 2022, mais avait rejeté les demandes de l’opposition d’accorder une nouvelle revalorisation les années suivantes. “ Si nous augmentons les pensions de 11 000 drams par mois, que feront les retraités de cet argent ? ”, s’était même interrogé Nikol Pachinian le 5 décembre dernier, provoquant l’indignation de nombreux retraités qui peinent à joindre les deux bouts. Un sentiment d’injustice exacerbé par le deux poids, deux mesures qui leur était infligé, car dans le même temps, les ministres, leurs adjoints et d’autres hauts fonctionnaires continuaient de recevoir des primes exorbitantes accordées par le gouvernement.  
Nikol Pachinian a attribué cette hausse des pensions de retraite à une croissance économique plus forte que prévu en 2025. L’opposition s’est élevée contre ce lien de cause à effet, estimant que le Premier ministre s’est lancé dans une opération séduction des 600 000 retraités du pays, à trois mois et demi des élections législatives. Kegham Manoukian, député FRA de l’alliance Hayastan, a qualifié cette augmentation de “ pot-de-vin électoral ”. Quant à Narek Karapétian, le neveu de Samvel Karapétian et coordonnateur des activités de son nouveau parti, Arménie forte, il s’est fendu d’un trait d’ironie : “ Si Samvel Karapétian les a forcés à augmenter les pensions avant les élections, imaginez ce qu’il fera s’il devient Premier ministre ! ”, a-t-il déclaré en réaction à l’annonce de Nikol Pachinian. Il a souligné en outre que le gouvernement s’était engagé à porter la pension moyenne à 60 000 drams (135 euros), alors qu’elle est aujourd’hui de 49 000 drams (110 euros). 

L’opposition, dans son ensemble, voit dans cette augmentation surprise des pensions de retraite un signe supplémentaire que le chef du gouvernement craint de perdre les élections. Tel n’est pas le cas pour le ministre de l’Economie, Guévorg Papoyan, qui s’est aligné sur la position de Nikol Pachinian en affirmant que cette augmentation des pensions a été rendue possible par une croissance de 7,2 % en 2025. Et ces pensions seront de nouveau revalorisées, a-t-il promis, dans le cas d’une croissance forte en 2026. Comment cette mesure sera-t-elle financée ? Cette augmentation, non prévue par le budget de l’Etat pour 2026, nécessitera environ 75 milliards de drams (170 millions d’euros) de dépenses publiques supplémentaires, lesquels seront prélevés sur le Fonds de réserve du gouvernement. 

Retraites et maternelles, même package électoral ?


Une polémique similaire a éclaté autour de l’augmentation de 15 à 20 % des salaires des employés des maternelles d’Erévan, qui sera effective à partir du mois de mai prochain. Le maire de la capitale, Tigrane Avinian, l’avait annoncé en février dernier, et la mesure a été officialisée le 12 mars.

Pour Arménak Danielyan, membre du groupe « Mère Arménie » au Conseil des anciens d’Erévan, la décision est de nature politique : “ Des élections approchent, et pour flatter ou attirer ces personnes, on vous a dicté cette mesure afin que l’augmentation entre en vigueur durant un mois très symbolique : ces personnes recevront leur salaire de mai entre le 3 et le 5 juin, et elles iront voter le 7 juin. 


Cette augmentation aurait pu être effectuée dès le 1er janvier, sans lien avec les élections. ”

“ Je comprends où vous voulez en venir ”, lui a répliqué le maire d’Erévan, en soulignant que les salaires des employés des crèches avaient également été augmentés de 15 à 31 % en 2024, et que ceux des employés des écoles de musique et d’art, des centres culturels et des écoles de sport avaient été revalorisés en 2023. Il a ajouté que ces augmentations de salaires trouvent leur origine dans le triplement des recettes enregistrées par la municipalité ces dernières années. Mais la décision prise aujourd’hui s’explique également, selon Tigrane Avinian, par le fait que cette augmentation des salaires “ permettra de dépasser le seuil de 200 000 drams pour un très grand nombre d’employés des crèches et de les inclure dans le système d’assurance-maladie ”.


Guère convaincu par les justifications du maire, Arménak Danielyan lui a rappelé qu’il l’avait sollicité fin 2025 pour une augmentation des salaires des employés des crèches et des polycliniques. Une initiative qui s’était soldée par un refus signifié dans un courrier. D’où le lien établi par l’opposant, qui a rattaché ces augmentations de salaires à la revalorisation des pensions de retraite : “ C’est pourquoi je vous dis que cette décision vous a été dictée afin de vous attirer les faveurs de la population avant les élections. ”


 Les hauts fonctionnaires gâtés par l’Etat


Autre décision controversée, celle annoncée le 12 mars par le gouvernement de débloquer une enveloppe de 4,6 milliards de drams (10,6 millions d’euros) pour le versement de nouvelles primes aux hauts fonctionnaires et autres employés de l’Etat avant les législatives du 7 juin. Prélevées sur le Fonds de réserve du gouvernement, ces nouvelles primes sont en hausse de 28 % par rapport aux 3,6 milliards de drams (8,3 millions d’euros) alloués l’an dernier à cette fin. Si le cabinet du Premier ministre a souligné que l’octroi de ces primes récompenserait les performances de leurs bénéficiaires et non leurs résultats électoraux, il n’a pas précisé pour autant les critères d’évaluation sur lesquels les choix seraient fondés.


En janvier dernier, les médias arméniens avaient révélé le détail des primes versées aux hauts fonctionnaires et autres employés de 16 agences gouvernementales : les ministres, leurs adjoints et les chefs de département avaient perçu des sommes équivalentes à leurs revenus annuels, tandis que les fonctionnaires ordinaires avaient reçu l’équivalent de moins d’un mois de salaire, déjà bien inférieur à celui des agents du gouvernement. Parmi les hauts fonctionnaires, la ministre de la Justice, Serbouhi Galian, a été à ce jour la seule à avoir divulgué le montant de sa prime nette d’impôt, qui s’est élévée à environ 7 millions de drams (16 000 euros). Le 15 janvier dernier, Nikol Pachinian avait défendu le principe de ces versements « généreux », affirmant qu’ils rendraient ces fonctionnaires moins sujets à la corruption. “ Malgré toutes les critiques, ce mécanisme représente une étape importante vers le développement de notre Etat ”, a-t-il déclaré pour justifier la décision prise le 12 mars d’augmenter significativement ces primes. Selon Hetq, le Premier ministre a perçu 12 millions de drams (27 400 euros) de primes fin 2025.


Varoujan Hoktanian, militant chevronné de la lutte anti-corruption en Arménie, ne cache pas ses réserves : “ Outre des salaires élevés, condition nécessaire pour réduire la corruption, il convient également d’examiner l’existence de mécanismes de transparence, de responsabilité et de contrôle. Je doute de leur existence. Mais s’ils existent, nous devrons au moins savoir, en toute transparence, à quoi correspondent ces primes. ” 


En décembre dernier, la direction du Parlement arménien avait déjà suscité l’indignation de nombreux citoyens sur les réseaux sociaux, après avoir confirmé le versement d’au moins 545 millions de drams (1,22 million d’euros) de primes de fin d’année à ses membres et à son personnel. C’est ainsi que chacun des 107 députés a perçu 3 millions de drams (6 825 euros), alors que le salaire net d’un député de base est d’environ 600 000 drams (1 350 euros) par mois. Quant au salaire moyen mensuel, il s’élève à près de 309 000 drams (705 euros), sachant que la plupart des citoyens arméniens composant la population active touchent un salaire inférieur. 


par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
par ANNIE ARSLAN 10 juillet 2026
Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
par Dominique Goubatian 5 juillet 2026
En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
par KHAJAG SASSOUNTSI 4 juillet 2026
La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
par DOMINIQUE GOUBATIAN 3 juillet 2026
Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
par NATACHA ZORTIAN 1 juillet 2026
Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.