Au service du peuple arménien depuis 115 ans

2025 marque le 115e anniversaire de la création du HOM, le Hay Oknoutian Mioutioun à laquelle la Croix Bleue des Arméniens de France est affiliée. L’occasion de revenir sur l’histoire et l’action de ces femmes qui entendent, générations après générations, être fidèles à leur devise : “ Avec le peuple, pour le peuple ”. 

par Armenag Bedrossian


On le sait peu, mais le Hay Oknoutian Mioutoun a été créé avant le Génocide de 1915 aux Etats-Unis et non en Arménie. C’est en effet à l’occasion d’une tournée là bas, en septembre 1910, qu’Edward Agnouni (Khatchadour Maloomian) encouragea des femmes arméniennes à s’impliquer et s’investir au service du peuple arménien comme le faisait déjà de nombreuses missions catholiques ou protestantes. Ces femmes se sont d’abord constituées en tant que Croix- Rouge arménienne et ont mené des missions dans le Caucase mais aussi dans l’Empire ottoman, à Van, Trébizonde, Erzurum ou Kharpert. Leurs principales tâches étaient d’organiser des dispensaires médicaux et de fournir dans ces régions reculées et peu développées, des soins mais aussi de la nourriture, un abri, ou des vêtements pour des populations victimes régulièrement d’exactions de la part des tribus kurdes ou des autorités turques. Dans diverses localités, la Croix-Rouge arménienne répondait également aux besoins éducatifs de la population.

Le premier congrès de la Croix-Rouge arménienne s’est tenu à Boston en mai 1915 où 33 sections enregistrées aux États-Unis et au Canada se sont réunies. L’objectif était clair : une collecte de vêtements pour les réfugiés arméniens du Caucase ; la formation d’infirmières destinées au front pour soigner les blessés ; des cours de langue arménienne pour ses membres ; une campagne de recrutement et la création d’écoles arméniennes partout où des sections étaient implantées. Quatre ans plus tard, en juin 1919, pour le 2e congrès, la situation a profondément changé. La guerre est finie, le Génocide des Arméniens a fait 1,5 million de morts et une République d’Arménie indépendante a vu le jour. C’est vers elle que se tournent alors les efforts des Homouies comme on les appelle déjà. Ne pouvant plus garder le nom de Croix-Rouge arménienne réservée à celles qui sont sur le territoire de l’Arménie, elles adoptent le nom de Armenian Relief Society (ARS) en anglais, Hay Oknoutian Mioutioun ou HOM en arménien. 

Très rapidement, les activités du HOM s’étendent dans l’ensemble de la Diaspora, du Moyen-Orient (Syrie, Liban, Irak, Egypte, Iran, Palestine), à l’ensemble des Etats-Unis mais aussi en Europe (France, Grèce, Macédoine, Bulgarie et Roumanie) au fil des arrivées des survivants du Génocide. En France, les Croix de secours arméniennes deviendront la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) qui a été fondée en 1928, sous l’impulsion d’Archak Djamalian mais déjà en 1918, il existait à Marseille au sein du Camp Oddo, une section de la Croix-Rouge arménienne. Le premier conseil d’administration de la Croix Bleue des Arméniens de France était composé de mesdames Alanian, Israelian, Baghsassarian, Seringulian et Ghazarian. Un an plus tard, les Croix de secours arméniennes de France comptent déjà 13 sections et près de 400 membres. Au coeur des préoccupations, les problèmes d’hygiène sanitaire notamment chez les enfants, mais aussi leur éducation, l’évolution du statut de la femme, la préservation de l’identité arménienne, la solidarité communautaire. Leur première initiative est la création d’un centre d’action sanitaire et sociale pour les enfants avant l’organisation, dès 1929, de séjours de vacances pour les déshérités. C’est en 1935 qu’elle prend officiellement le nom de Croix Bleue des Arméniens de France, là encore pour se distinguer de la Croix-Rouge. A partir de là, ce sont de nombreuses écoles hebdomadaires qui voient le jour, une colonie de vacances à Bellefontaine dans le Jura en 1955 (voir notre numéro spécial de juillet 2025), mais aussi des actions en faveur des personnes âgées et l’accompagnement des arrivées du Moyen-Orient à cause de la guerre au Liban. Au fil du temps, le nombre de membres s’accroît pour atteindre plus de mille à la fin des années 1970, ce qui en fait l’association arménienne avec le plus de membres de France. 

En 1986, la Croix Bleue des Arméniens de France voit sa présence et son action reconnues par l’Etat français puisqu’elle reçoit le statut d’« association reconnue d’utilité publique », un statut réservé à moins de 2 000 associations en France sur le million enregistré.  
Ce statut et surtout leur dévouement, la Croix Bleue des Arméniens de France et le HOM vont le démontrer en 1988 lors du tremblement de terre qui frappa le nord de l’Arménie, en mettant en place une incroyable chaîne de solidarité. Elle verra décoller de France plusieurs avions d’aide humanitaire dont la distribution des colis sera accompagnée par les volontaires venus sur place. Au passage, débutera la formation et l’organisation de leurs consoeurs d’Arménie, qui verra la création de la section Arménie et de la section Artsakh du HOM dès août 1991, ainsi que la section Djavakhk (Géorgie). 

Avec le début du mouvement Karabagh, le HOM et la CBAF se sont mobilisés en faveur des communautés arméniennes qui ont été déracinées des villes azerbaïdjanaises de Bakou, Soumgaït et Kirovabad et dont certaines ont trouvé refuge en France. Il a fallu aussi apporter une aide aux familles du Karabagh, victimes de la guerre, et notamment des orphelins. L’ARS a été la première organisation humanitaire à fournir des fonds pour héberger ces milliers de réfugiés et pour prendre en charge et accompagner les familles en Artsakh pour leur permettre de rester sur place. Ce sera aussi la création des 12 écoles maternelles « Sossé Mayrig » d’Artsakh, dont celle de Khentsristan prise en charge par la CBAF. 

Il faut aussi encourager la natalité en Arménie et accompagner médicalement les futures mères par des soins gratuit et de qualité : ce sera la création par le HOM, en 1997, du Centre de la mère et l’enfant à Akhourian, dans le Chirak, et ses plus de 20 000 naissances en 28 ans, soit 50% de l’ensemble des maternités de la région. Une action d’accompagnement médical au quotidien que l’on retrouve aussi au dispensaire Boulghourjian de Beyrouth. 

Une action du HOM et de la CBAF qui se poursuit encore aujourd’hui dès lors que des communautés arméniennes souffrent. Elles sont aux côtés des soldats du centre de rééducation d’Erevan, Zinvori Doune, des réfugiés d’Artsakh dont la section a été maintenue en exil avec les Foyers de l’espoir, des communautés syrienne et libanaise en organisant des cantines solidaires durant la période de la guerre, de la crise économique ou de l’explosion du port de Beyrouth. Chacune des actions organisées au niveau local sert au financement de ses actions humanitaires mais aussi au maintien de plusieurs centaines d’écoles à travers le monde pour permettre la préservation de la langue, de l’identité et de la culture arménienne.    

Il y a quelques semaines, à l’occasion de son 115e anniversaire, le HOM, qui compte aujourd’hui près de 15 000 membres, a organisé un séminaire de travail en Arménie pour faire le point sur l’ensemble de ses actions. 170 membres des 26 pays où le HOM est présent, dont une vingtaine de Khatchouies de France ont répondu présent pour préparer les actions des années à venir. Des actions auxquelles vont participer les 14 sections de la Croix Bleue des Arméniens de France et leurs près de 500 membres. Vous pouvez vous aussi participer en rejoignant ces femmes courageuses (les hommes sont acceptés), en les aidant par un don ou un legs ou tout simplement en participant à une de leurs actions que vous retrouverez dans l’agenda de France Arménie. 

Croix Bleue des Arméniens de France, 
17 rue Bleue, 75009 Paris 
Tél : 01 53 34 18 18
Email : cbaf@wanadoo.fr
Site internet : https://croixbleue-france.com/
par Mourad PAPAZIAN 19 août 2026
par Mourad Papazian Depuis la tribune du Parlement arménien, le député Arman Yeghoyan, député du Contrat Civil (le parti de Nikol Pashinyan) a demandé qui étaient Aram Hamparian (directeur du bureau de la cause arménienne à Washington), Kaspar Garabedian (directeur du bureau de la cause arménienne à Bruxelles et Mourad Papazian (co-President du CCAF et membre du Bureau Mondial de la FRA) et au nom de combien de personnes nous nous exprimions. Au cours de son propos, ce député a surtout tenté de dévaloriser la diaspora, de sous-estimer son utilité et a conclu en soutenant l’absurde thèse qu’une diaspora plus forte signifierait une Arménie plus faible. Notre personne n’est pas le sujet essentiel. Le véritable sujet est leur conception de la Nation arménienne, de son histoire et de son avenir. Nous n’avons jamais prétendu parler au nom de tous les Arméniens. Nous parlons au nom de nos convictions, des responsabilités qui nous ont été confiées et de plusieurs décennies d’engagement public au service de l’Arménie, de l’Artsakh et de la Cause arménienne. La légitimité ne se réduit pas au mandat électoral. Elle vient aussi du service, de la constance, de la capacité à rassembler et des résultats obtenus. Un gouvernement est temporaire. L’État est permanent. La Nation arménienne, elle, est plus vaste encore. UN SIÈCLE DE RÉSISTANCE ET DE RECONSTRUCTION La diaspora arménienne contemporaine n’est pas née d’un choix de confort. Elle est largement née du génocide, de l’exil, des déportations et de la destruction des communautés arméniennes de l’Empire ottoman. Après 1915, des survivants privés de leur terre, de leurs biens et souvent de leurs familles ont reconstruit une vie collective au Liban, en Syrie, en France, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Uruguay, en Grèce, à Chypre, en Iran, en Égypte, en Australie et dans des dizaines d’autres pays. Ils ont bâti des églises, des écoles, des centres culturels, des maisons de la jeunesse, des journaux, des œuvres sociales et des organisations de bienfaisance. Ils ont transmis la langue arménienne, particulièrement l’arménien occidental aujourd’hui menacé, notre foi, notre culture, notre mémoire et le sentiment d’appartenance à une même Nation. Les Églises apostolique, catholique et évangélique arméniennes, le Saint-Siège d’Etchmiadzin comme le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, l’Union générale arménienne de bienfaisance, la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun, Hamazkayin, Homenetmen, la Croix-Bleue et l’Armenian Relief Society, ainsi que des milliers d’écoles, d’associations culturelles, sportives, éducatives et caritatives ont empêché que la dispersion ne devienne disparition. Ces structures ne sont pas parfaites. Aucune institution humaine ne l’est. Mais nier leur rôle historique revient à effacer un siècle de résistance culturelle et nationale. Sans elles, une grande partie de la diaspora se serait dissoute dans l’assimilation. Sans elles, des millions de descendants de survivants n’auraient conservé ni langue, ni mémoire, ni lien vivant avec l’Arménie. LA DIPLOMATIE OFFICIEUSE DE LA NATION ARMÉNIENNE Durant la période soviétique, la République socialiste soviétique d’Arménie ne disposait pas d’une diplomatie souveraine capable de défendre librement les droits nationaux arméniens. Dans ce contexte, la FRA Dachnaktsoutioun et le réseau mondial des comités de défense de la Cause arménienne — les Hay Tad — ont assumé une véritable diplomatie officieuse. À Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Londres, Buenos Aires, Beyrouth, Téhéran et dans de nombreuses autres capitales, ils ont porté la mémoire du génocide, les droits du peuple arménien et l’existence même de l’Arménie dans le débat public international. Depuis l’indépendance de 1991, ce travail ne s’est pas arrêté. Il s’est mis au service de la République d’Arménie, de sa sécurité, de son développement et de son rayonnement. La diaspora s’est mobilisée après le séisme de 1988, pendant les années de blocus, lors des différentes guerres, pour soutenir l’Artsakh, aider les réfugiés, financer des projets humanitaires, attirer des investissements et ouvrir aux représentants arméniens les portes des institutions politiques étrangères. S’opposer à la politique d’un gouvernement arménien n’a jamais signifié s’opposer à l’État arménien. Il arrive même que contester un gouvernement soit la meilleure manière de servir durablement l’État. DES RÉSULTATS INTERNATIONAUX INCONTESTABLES La reconnaissance internationale du génocide arménien n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décennies de travail mené par les survivants, leurs descendants, les historiens, les Églises et les organisations de la diaspora, parmi lesquelles les comités de la cause arménienne - Hay Tad ont joué un rôle déterminant. Selon le décompte international disponible en 2026, outre l’Arménie elle-même, la reconnaissance a été actée, sous des formes juridiques différentes — loi, résolution parlementaire ou décision gouvernementale — par trente-trois États : l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, Israël, l’Italie, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas, le Paraguay, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Syrie, le Saint-Siège, le Venezuela, les États-Unis et l’Uruguay. À l’échelle internationale, des textes, rapports ou déclarations formelles ont notamment été adoptés par le Parlement européen, la Sous-commission des Nations unies pour la prévention de la discrimination et la protection des minorités, la Commission des crimes de guerre des Nations unies, des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Conseil œcuménique des Églises, le Parlement du Mercosur, le Tribunal permanent des peuples et l’Association internationale des spécialistes du génocide. S’y ajoutent les travaux du Centre international pour la justice transitionnelle, de la Fondation Elie Wiesel, de la Ligue des droits de l’homme, de l’Union des congrégations hébraïques américaines, de l’Association des droits de l’homme de Turquie, du Parlement du Kurdistan en exil et d’autres autorités scientifiques et morales internationales. Voilà ce que produit une diaspora structurée : elle transforme une mémoire menacée d’effacement en une vérité reconnue internationalement. LA TURQUiE ET L’UNION EUROPÉENNE Nous avons également combattu l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne tant qu’Ankara persistait dans la négation du génocide, le blocus de l’Arménie, l’occupation de Chypre et la violation des principes fondamentaux sur lesquels repose le projet européen. Ce combat n’était pas dirigé contre le peuple turc. Il défendait la crédibilité de l’Europe et les valeurs de vérité, de justice, de démocratie et de respect des peuples. En 2005, le Parlement européen lui-même a considéré que la reconnaissance du génocide arménien devait constituer un préalable à l’adhésion de la Turquie. Cette position n’aurait jamais été obtenue sans le travail patient des organisations arméniennes d’Europe. L’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ARMÉNIE En France, les liens exceptionnels unissant nos deux pays ne sont pas apparus spontanément dans les communiqués diplomatiques. Ils ont été construits pendant des décennies par la communauté arménienne, ses institutions et ses militants, en coopération avec des responsables politiques français de toutes sensibilités. La loi française du 29 janvier 2001 reconnaissant publiquement le génocide arménien, l’instauration d’une journée nationale de commémoration le 24 avril, les résolutions parlementaires en faveur de l’Arménie et de l’Artsakh, les jumelages, les partenariats décentralisés, l’inscription du 24 Avril en tant que journée nationale du génocide arménien dans le calendrier officiel de la République française et la mobilisation constante des élus français sont le produit de ce travail. J’ai pris ma part dans ces combats, souvent en première ligne. J’ai contribué, avec beaucoup d’autres, à faire de l’amitié franco-arménienne une réalité politique et stratégique. Nous avons ouvert des portes à Paris, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et auprès des différentes présidences de la République. Mais c’est le travail de milliers de militants durants plusieurs décennies qu’il faut saluer. Ce n’est pas un travail personnel. MON EXPULSION ET MA VICTOIRE JUDICIAIRE C’est précisément parce que j’ai participé à ces combats et parce que j’ai refusé de me taire devant les choix de Nikol Pashinyan que, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2022, le pouvoir arménien m’a interdit d’entrer dans ma propre patrie et m’a fait expulser de l’aéroport de Zvartnots. Le prétexte invoqué fut ma prétendue implication dans l’organisation d’une manifestation à Paris contre Nikol Pashinyan, le 1er juin 2021. Au cours de la procédure judiciaire, le Service national de sécurité arménien n’a même pas présenté ce prétexte devant le tribunal. Aucun fondement permettant de justifier la mesure prise contre moi n’a été présenté devant la justice. Après dix-huit mois de bataille judiciaire, le Tribunal administratif d’Erevan m’a donné raison, en janvier 2024, et a ordonné mon retrait du fichier des étrangers déclarés indésirables. Cette victoire a démontré qu’un gouvernement ne peut pas décider arbitrairement qu’un Arménien engagé devient indésirable dans la patrie de ses ancêtres simplement parce qu’il dérange le pouvoir en place. UNE DIASPORA LIBRE NE SERA JAMAIS UNE ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT Le pouvoir de Nikol Pashinyan tente aujourd’hui de contourner les structures historiques de la diaspora et de leur substituer des interlocuteurs et des « commissaires » qu’il choisit lui-même. L’État arménien a naturellement le droit d’organiser ses relations avec la diaspora. Il n’a pas le droit de décider qui représente des citoyens libres vivant dans des pays démocratiques. La diaspora n’est ni une circonscription électorale de Nikol Pashinyan ni une annexe administrative du gouvernement d’Erevan. On ne dialogue pas avec la diaspora en sélectionnant ceux qui approuvent le pouvoir et en excluant ceux qui le critiquent. Cela ne s’appelle pas un dialogue : cela s’appelle une tentative de mise au pas. Cette entreprise échouera. Les grandes institutions de la diaspora existaient avant le gouvernement actuel. Elles continueront d’exister après lui. Leur légitimité vient de leur histoire, de leurs membres et de leur action, non d’une nomination délivrée par un cabinet ministériel. UNE CONVERGENCE AVEC LES OBJECTIFS D’ANKARA ET DE BAKOU Ilham Aliyev a publiquement désigné le « lobby arménien » mondial comme l’ennemi numéro un de l’Azerbaïdjan. Recep Tayyip Erdoğan a lui-même accusé les diasporas arméniennes de France et des États-Unis d’entraver sa conception de la normalisation, en appelant le gouvernement arménien à neutraliser leur influence. Lorsqu’un pouvoir arménien attaque les organisations historiques de la diaspora, essaie de délégitimer les militants de la Cause arménienne et tente de substituer la docilité au pluralisme, il accomplit objectivement ce qu’Ankara et Bakou souhaitent depuis des décennies. Il n’est pas nécessaire d’imaginer une chaîne d’ordres secrets pour constater cette convergence. Le résultat politique est sous nos yeux : tenter d’affaiblir les structures qui défendent la mémoire du génocide, les droits de l’Artsakh et les intérêts de l’Arménie sert directement les stratégies d’Erdoğan et d’Aliyev. Le projet panturquiste ne craint pas une diaspora silencieuse, divisée et désorganisée. Il craint une diaspora consciente, structurée, influente et capable d’agir dans les grandes démocraties. UNE DIASPORA FORTE NE SE CONSTRUIT PAS EN VIDANT L’ARMÉNIE Le raisonnement du régime de Pashinyan repose sur une erreur fondamentale : il confond puissance démographique et puissance politique. Une diaspora ne devient pas forte uniquement parce que de nouveaux Arméniens quittent l’Arménie. Elle devient forte lorsqu’elle organise les communautés déjà existantes, transmet la langue aux nouvelles générations, forme des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes, des juristes et des entrepreneurs, crée des réseaux d’expertise et mobilise ses capacités économiques et diplomatiques. Aucune de ces actions ne retire un seul habitant à l’Arménie. Nous pouvons vouloir simultanément davantage d’Arméniens vivant en Arménie, davantage de rapatriement et une diaspora plus organisée et plus influente. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires. L’Arménie et la diaspora ne sont pas deux vases communicants dont l’un devrait se vider pour que l’autre se remplisse. Elles sont les deux dimensions d’une même Nation. L’Arménie est l’État souverain de ses citoyens. Mais elle est aussi la patrie de toute la Nation arménienne. NOUS N’OUBLIERONS NI l’ARTSAKH NI LES OTAGES DE BAKOU Cette Nation n’oubliera jamais l’Artsakh, les 120 000 Arméniens contraints à l’exode en 2023, leur droit de vivre en sécurité sur leur terre, ni le patrimoine culturel et religieux arménien aujourd’hui menacé. Elle n’oubliera pas davantage les anciens dirigeants de l’Artsakh, les militaires, les civils et les autres prisonniers arméniens toujours détenus dans les prisons de Bakou. Leur libération immédiate et inconditionnelle devrait être une exigence centrale, publique et non négociable de toute discussion avec l’Azerbaïdjan. Il est insupportable que le pouvoir de Nikol Pashinyan ne place pas cette question au cœur des négociations. Une paix construite sur l’abandon des prisonniers, l’effacement de l’Artsakh et le silence imposé à la diaspora ne serait ni juste ni durable. LES GOUVERNEMENTS PASSENT, LA NATION DEMEURE Monsieur Yeghoyan, votre mandat et celui de vos collègues est temporaire. La Nation arménienne est permanente. Vous demandez qui est Mourad Papazian. Je suis un Arménien parmi des millions d’autres, héritier d’une histoire que personne ne pourra abolir, engagé au service d’une patrie que personne ne pourra me confisquer. Je ne demande pas au gouvernement de Nikol Pashinyan la permission d’être Arménien. Je ne lui demande pas davantage l’autorisation de défendre l’Arménie, l’Artsakh, les prisonniers de Bakou ou la vérité historique du génocide. Nous poursuivrons notre combat pour l’indépendance, la souveraineté et la sécurité de la République d’Arménie. Nous continuerons à défendre son peuple, son patrimoine et ses intérêts dans tous les pays où nous sommes présents. Une diaspora forte n’est pas une menace pour l’Arménie. Elle est une profondeur stratégique, une force diplomatique, culturelle, économique et politique indispensable. Affaiblir la diaspora, c’est affaiblir l’Arménie. Les dresser l’une contre l’autre, c’est servir le projet de ceux qui veulent réduire la Nation arménienne au silence. À cette entreprise, nous opposerons notre mémoire, notre unité et notre détermination. Les gouvernements passent. L’Arménie et la Nation arménienne demeurent.
par ANNIE ARSLAN 10 juillet 2026
Un très joli parcours déjà pour cette chanteuse guitariste pop folk à la voix singulière, qui allie modernité et accents orientaux inspirés de ses racines. Les grands de la chanson française croient en elle et lui offrent leurs scènes.
par Dominique Goubatian 5 juillet 2026
En 2025, Alexandra Routhiau-Mikaelian produisait le documentaire, La Mémoire dans les veines, retraçant son émouvant voyage en Turquie, sur les traces de son arrière-grand-mère et de sa famille. Cette année, son nouveau documentaire, Les Grains éparpillés de la grenade , aborde l’installation en France et en Europe des Arméniens rescapés du Génocide.
par KHAJAG SASSOUNTSI 4 juillet 2026
La 7 e édition du Tournoi Foot à 7 Souren Mouradian, s’est tenue les 23 et 24 mai à Issy-lès-Moulineaux, organisée par Homenetmen France. Un rendez-vous devenu incontournable pour la jeunesse arménienne de France.
par DOMINIQUE GOUBATIAN 3 juillet 2026
Principal du collège Gambetta à Saint-Etienne, à 51 ans Mourad Chikh s’apprête à écrire une nouvelle page de sa carrière dans l’Education nationale. A partir du 2 septembre, il dirigera le lycée français Anatole France, à Erevan. Rencontre.
par NATACHA ZORTIAN 1 juillet 2026
Malgré la baisse des effectifs qui touche le monde associatif, la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) peut se targuer de compter des centaines de membres actifs qui mènent sans relâche les programmes et actions de cette organisation bientôt centenaire. Mais force est de constater que le bénévolat se transforme avec l’époque et avec les nouvelles générations et les associations comme la CBAF doivent aujourd’hui proposer de nouvelles approches pour fidéliser les bonnes volontés.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) salue la décision historique de l’État d’Israël de reconnaître officiellement le génocide des Arméniens de 1915.
par COMMUNIQUE 29 juin 2026
Commnuniqué du CDCA Génocide arménien par l’État d’Israël, une reconnaissance bienvenue mais dont le fondement interpelle 
par Harout MARDIROSSIAN 29 juin 2026
Notre éditorial en arménien Oriental Merci à Noubar Seropyan pour la traduction. Հայաստանի քաղաքացիները քվեարկեցին։ Արդյունքն ակնհայտ է։ Կենտրոնական ընտրական հանձնաժողովի կողմից հաստատված արդյունքների համաձայն՝ Նիկոլ Փաշինյանը, ստանալով ձայների 49,75 %-ը, ապահովել է 3/5 մեծամասնություն, սակայն չի ստացել այն սահմանադրական մեծամասնությունը, որի վրա հույս էր դրել։ Ավելին, նա նույնիսկ նահանջել է նախորդ գումարման համեմատ։
par Harout MARDIROSSIAN 27 juin 2026
Les citoyens Arméniens ont voté. Le résultat est clair. Dans les résultats validés par la commission centrale electorale, Nikol Pachinian avec 49,75% des voix obtient une majorité des 3/5 mais pas la majorité constitutionnelle qu’il attendait et recule meme par rapport à la précédente mandature.